le CMI garantit la continuité, la sécurité et la fluidité des paiements (DG) | CMI
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15/12/2025

 

le CMI garantit la continuité, la sécurité et la fluidité des paiements (DG)

 

Casablanca, 10/12/2025 (MAP) - Le Directeur général du Centre Monétique Interbancaire (CMI), Rachid Saihi, a accordé une interview à la MAP dans le cadre de la transition historique que connaît l’écosystème monétique national. Cette rencontre intervient alors que le CMI clôture sa vingt-et-unième année d’innovation structurelles ayant profondément modernisé l’acceptation des paiements au Maroc, et marquée par l’ouverture du marché à de nouveaux acquéreurs et par une redéfinition du rôle stratégique du Centre au sein de l'architecture des paiements.

Lors de cet entretien, M. Saihi est revenu sur les avancées majeures réalisées depuis le démarrage effectif des services CMI en 2004, soulignant l’impact déterminant du CMI dans la digitalisation des transactions, l’inclusion financière et la modernisation des services publics. Il a également détaillé les étapes clés de la transition engagée par l’institution depuis fin 2024, les défis de la continuité opérationnelle dans un marché désormais multi-acquéreurs, ainsi que les priorités fixées pour accompagner cette nouvelle configuration réglementaire au bénéfice des commerçants, des usagers et de l’économie nationale.

 

- Pouvez-vous nous rappeler le rôle du CMI et les principales contributions que votre institution a apportées au développement du paiement électronique au Maroc ?

Le paiement électronique au Maroc est une histoire de plus de quarante ans. Une histoire portée d’abord par les banques marocaines et les pionniers technologiques, et qui s’est consolidée avec la création d'une plateforme commune, le Centre Monétique Interbancaire. C'est une fierté collective pour notre pays. Depuis 2004, date de démarrage de ses services, le CMI a eu une mission capitale : consolider les acquis, moderniser les outils existants et innover en permanence pour bâtir une infrastructure de paiement électronique moderne, sécurisée et accessible partout au Maroc. Nous avons mené notre mission avec un objectif clair, celui de faciliter la vie des commerçants (petits et grands) et des usagers (nationaux ou internationaux), dans les grandes villes comme dans les zones plus éloignées. L’activité du CMI repose aujourd'hui sur deux piliers notamment l’activité des paiements par carte bancaire (TPE & e-Com) et le paiement multicanal avec Fatourati, pour les factures, les créances, les impôts et les taxes. 

Dès le début, nous avons posé un fondement essentiel: l'interopérabilité. 

Concrètement, cela a permis, dès le lancement de notre activité monétique en 2004, aux porteurs de cartes bancaires de retirer sur n'importe quel GAB (guichet automatique bancaire), ce qui n’était pas le cas auparavant, et aux commerçants d’accepter toutes les cartes locales ou internationales. Ce fut un élément clé de la modernisation du paiement électronique dans notre pays.

Nous avons également conduit de grandes innovations telles que l'évolution technologique et matérielle des TPE vers des terminaux plus intelligents, le SoftPOS, qui transforme le smartphone du commerçant en TPE, le paiement sans contact, par carte ou par smartphone, qui représente aujourd’hui plus de 70 % des transactions, l'acceptation du wallet MarocPay et bien sûr Fatourati, qui a modernisé le paiement des factures et des créances dans de nombreux secteurs, transformant ainsi la vie des Marocain et celles des entreprises marocaines faisant appel aux services Fatourati. 

Toutes ces innovations ont renforcé l’inclusion financière et territoriale, et ont amélioré la vie de millions de personnes dans des domaines essentiels comme le service public, la santé, l'éducation, le transport, le tourisme, la distribution ou encore le commerce de proximité.

En connectant les banques, les entreprises, les commerçants et les administrations, nous avons contribué à construire un système de paiement électronique moderne, simple et accessible pour tous. Et nous sommes fiers du chemin parcouru, tout en restant pleinement engagés pour les prochains défis à relever par notre pays.

 

- Nous arrivons à la fin de l’année 2025. Quel bilan chiffré provisoire pouvez-vous partager concernant l’activité du CMI ?

L’année 2025 a été une année charnière pour l’écosystème des paiements électroniques au Maroc. Même si les chiffres définitifs ne seront connus qu’à la clôture de l’exercice, les données dont nous disposons montrent une dynamique très positive pour l’ensemble du secteur et pour le CMI. Je rappelle que nous opérons deux grandes activités : l’acquisition monétique et le paiement multicanal via Fatourati.

Sur l’activité monétique, qui sert des dizaines de milliers de commerçants équipés de TPEs et ou de sites e-commerce et e-gov, les tendances montrent une progression soutenue, portée par le sans contact, par le e-commerce et par l’élargissement des usages au quotidien. À fin 2025, nous estimons que le volume des transactions pourrait dépasser les 240 millions d’opérations, soit une croissance d’environ 15 %, dont 85 % réalisées par des cartes bancaires marocaines au Maroc.

Cela représenterait un prévisionnel de près de 100 milliards de dirhams encaissés par nos commerçants, en hausse d’environ 13 % par rapport à 2024.

Et il est important de souligner qu’environ 32 milliards de dirhams proviendraient des cartes étrangères, un apport significatif en devises pour l’économie nationale.

Fatourati connaît la même dynamique. La plateforme permet déjà à des centaines de créanciers privés et publics de recouvrer leurs créances via plus de 70 canaux d’encaissement (mobile banking, wallets, réseaux physiques de proximité, agences bancaires, etc.) opérés par 32 institutions financières partenaires (banques et établissements de paiement).

Les projections indiquent qu’en 2025, Fatourati pourrait dépasser les 250 millions de transactions, en hausse de 15 %, et environ 220 milliards de dirhams recouvrés, en progression de 16 %.

Dans le secteur public uniquement, Fatourati jouerait un rôle clé avec près de 200 milliards de dirhams recouvrés à fin décembre 2025 pour les factures d’eau et d’électricité. C’est une véritable success-story marocaine, qui montre la capacité de nos institutions financières à traiter en temps réel et en multicanal des volumes massifs tout en garantissant l’inclusion financière et territoriale.

Au total, selon nos prévisions , le CMI aura permis de traiter environ 500 millions de transactions en 2025, soit une moyenne de l’ordre de 1,4 million d’opérations par jour, pour un montant global espéré d’environ 320 milliards de dirhams collectés au profit de l’ensemble de nos clients.

Toutes ces réalisations ont été accomplies dans un contexte d’évolution importante de notre écosystème et du CMI en particulier.

Pendant ce temps,  nous avons assuré la continuité du service sans aucune interruption, 24h/24 et 7j/7, tout en maintenant les mêmes standards de qualité, d’innovation et de sécurité. C’est un point essentiel, et cela prépare naturellement le terrain pour aborder les changements en cours dans notre secteur.

 

- Le contexte réglementaire de la monétique a connu d’importantes évolutions. Quelles en sont les grandes lignes et quels impacts pour l’écosystème en général et pour le CMI en particulier ?

L'année 2025 a été marquée par une évolution importante du cadre qui organise l’activité monétique au Maroc. C'est une évolution qui s’inscrit dans une dynamique positive : plus d’acteurs, plus solutions d’acceptation et un marché qui continue de se développer et de croître. Les autorités, notamment le Conseil de la concurrence et Bank Al-Maghrib, ont défini un nouveau cadre pour renforcer cette dynamique, encourager une participation plus large des établissements de paiement et mieux répartir les rôles au bénéfice des commerçants et des usagers.

Le CMI et ses banques actionnaires ont adhéré à cette vision à travers des engagements devenus applicables à partir du 31 octobre 2024. Ils prévoient une réorganisation des rôles du CMI et des établissements de paiement filiales des banques actionnaires du CMI au sein de l’écosystème monétique. . Dans ce cadre, le CMI évolue d’un acquéreur commercial et technique vers un processeur monétique et un prestataire de services au profit des nouveaux acteurs acquéreurs, filiales ou non de ses banques actionnaires. 

C’est ainsi que les nouveaux acteurs ont commencé à proposer leurs services à partir du 1er mai 2025, soit six mois après la date de mise en application des engagements.

Le cadre de transformation, prévoit également cession des contrats monétiques des commerçants affiliés au CMI depuis sa création. Cette cession se fait en deux étapes au plus tard le 1er janvier 2026 pour les commerçants, et le 30 avril 2026 pour les clients de l’administration publique.

Face à ces changements, nous avons adopté une démarche de responsabilité. Dès l'annonce du cadre, nous avons mis en exécution un plan de transformation profonde pour nous adapter, soutenir l’entrée des nouveaux acquéreurs et sécuriser chaque étape du processus.

 

- Dans ce nouveau cadre, quel est aujourd’hui le positionnement du CMI et comment va-t-il évoluer ?

Le rôle du CMI évolue, et notre positionnement repose désormais sur deux missions complémentaires, au cœur de notre expertise depuis plus de vingt ans :

 

  1.  La monétique : Le CMI est aujourd’hui la plateforme technique neutre un processeur multi-acquéreurs qui assure le traitement des paiements par carte bancaire, leur sécurité et leur évolution technologique ainsi que les services d’acquisitions : allants des solutions d’acceptation jusqu’à la gestion des risques de paiements en passant par les différents traitements back-office. C’est une fonction essentielle pour garantir la continuité du service et accompagner la croissance du marché.
  2.  Fatourati : Nous continuons à opérer et commercialiser cette plateforme de paiement multicanal, devenue indispensable pour moderniser le paiement des factures et des créances des acteurs publics comme privés.

 

En résumé, notre rôle change, mais notre vision demeure la même : développer le paiement électronique sous toutes ses formes et contribuer à la modernisation de l’économie et des services publics. 

L'ouverture du marché monétique commence déjà à produire des effets très concrets.

Sept EDP partenaires sont actifs depuis le 1er mai 2025, notamment Al Filahi Cash, Attijari Payment, CDM Pay, Damane Cash, Lanacash, M2T et Saham Paiements, 

Ils ont commencé à équiper leurs propres commerçants, et nous les accompagnons dans leur montée en charge. D'autres EDP non filiales de banques nous ont également sollicités.

Cette transformation crée une émulation positive pour tout l’écosystème et en tant que plateforme multi-acquéreurs, le CMI pourra désormais concentrer davantage ses efforts sur l'innovation, l'amélioration des services, des nouvelles expériences pour les acquéreurs et commerçants et l'alignement avec les meilleures pratiques internationales. C’est un nouveau chapitre, porteur d’opportunités pour l’ensemble du marché.

 

- Cette transformation a été actée par les autorités fin 2024 avec des deadlines fixes. Comment le CMI a-t-il organisé sa transition ?

Les engagements de transformation du CMI sont devenus effectif le 1/11/2024, avec des échéances très importantes. Nous avons dû réagir vite, mais avec méthode et en gardant comme priorité la sécurité et la continuité du service. Dès début 2024, avant l’entrée en vigueur du cadre, le CMI avait déjà engagé des réflexions stratégiques et lancé des chantiers de modernisation de ses infrastructures.

 

À partir de novembre 2024, plusieurs chantiers ont été lancés en parallèle, l'adaptation des processus internes, l'évolution des services la réorganisation des équipes, la mise à niveau de l’ensemble des plateformes techniques pour le mode multi-acquéreurs ainsi que le renforcement des dispositifs de supervision et de sécurité.

 

- Quel a été l'impact pour vos clients ?

La transition n’a pas été simple, il a fallu mener cette transformation tout en continuant à opérer les opérations de nos clients au quotidien,  et poursuivre nos différents chantiers d’innovation. Nous avons dû faire des ajustements en cours de route, , mais sans impact significatif. Notre priorité absolue reste la continuité, la sécurité et la stabilité des opérations de nos clients. Ainsi, les paiements ont fonctionné normalement 24h/24 et 7j/7, sans interruption. 

Nous avons par ailleurs accéléré nos chantiers technologiques et consolidé nos capacités techniques pour préparer l’écosystème aux volumes et usages de demain.

 

- Dans un environnement aussi mouvant et multi-acteurs, quel rôle le CMI a-t-il joué ?

Le CMI a joué un rôle de facilitateur, de soutien et de stabilisateur du système, tout en , restant un catalyseur de plusieurs secteurs économiques.

Nous avons, dans ce sens, accompagné les nouveaux acquéreurs, transféré notre savoir-faire et nos bonnes pratiques, tout en soutenant l’activité de nos commerçants dans les divers secteurs tourisme, commerce, transport, santé, éducation, Egov et assuré la stabilité des infrastructures. En résumé : accompagner, soutenir, stabiliser et préparer l’avenir.

 

- Quel est le calendrier de la cession des contrats et comment garantissez-vous la continuité du service ?

Cette cession est une décision encadrée par les autorités de notre pays. 

Les nouvelles échéances fixées sont le 31 janvier 2026 pour la cession définitive des contrats commerçants et le 30 avril 2026 pour les contrats avec l’administration publique.

Après la cession, les contrats sont transférés aux Établissements de paiement (EDP). Les droit et obligations du CMI devient de facto celles du nouvel EDP acquéreur. Le CMI continuera d’opérer les équipements, les plateformes, l’assistance, la supervision et le traitement des transactions en tant que processeur et prestataire de services pour les EDPs acquéreurs.

 

- Comment se déroule la procédure de cession ?

Les courriers de notification ont commencé à être envoyés par recommandé et par e-mail dès le 1/12/2025. Ils précisent l’EDP proposé, les démarches et les délais de réponse.

Les réponses initialement prévues au 8 ou 12 décembre ont été reportées au 15 décembre.

Les Canaux disponibles sont le courrier au siège, ou le mail officiel : Contact.DG@cmi.co.ma. Le Centre de relation client du CMI reste disponible pour toute demande d’informations ou d’assistance.

Tout est tracé dans un système de suivi.

Dans la même lignée, nous avons un message essentiel aux commerçants : vos paiements continuent normalement. Le TPE fonctionne. Le CMI continuera d’opérer tout le volet technique de vos transactions monétiques.

 

- Qu’est-ce que cela change pour les commerçants affiliés au CMI après cette cession de leur contrat monétique ?

Rien ne change dans l’encaissement après la bascule, même TPE, même service de paiement en ligne, même parcours utilisateurs.

Ce qui ne change pas, c'est la stabilité, la sécurité et le traitement des transactions d’encaissement des commerçants et E-commerçants qui continuent à être assurés par le CMI.

La seule différence visible est le logo du nouvel acquéreur sur le ticket de paiement du porteur de la carte et sur l’écran de l’application du TPE.

 

Ce qui change c'est l'interlocuteur commercial et à terme la gestion des flux financiers qui sera effectuée par le nouvel acquéreur.

 

Il s’agit d’une évolution logique dans le nouveau modèle, et même d’une opportunité pour le commerçant, puisque chaque acquéreur apportera sa propre manière d’accompagner ses commerçants : ses services, ses offres, sa proximité, sa valeur ajoutée.

C’est précisément l’objectif recherché : accompagner l’émergence de plusieurs acteurs pour encourager davantage d’innovation, plus de richesse de services et plus de choix pour les commerçants. 

 

- Quelles seront les priorités du CMI en 2026 ? 

En 2026, le CMI compte faire de la fiabilité absolue des paiements sa priorité. Cela passera par le renforcement de la disponibilité des services, l’amélioration de la supervision en temps réel, la consolidation des dispositifs de sécurité et la garantie d’une continuité opérationnelle totale. L’objectif est de soutenir une infrastructure encore plus robuste dans un contexte marqué par l’augmentation des volumes et l’évolution des usages.

 

La deuxième priorité portera sur la finalisation de la transformation en cours dans de bonnes conditions et l’accompagnement du nouveau modèle monétique. Le CMI mettra à disposition une interopérabilité totale, des intégrations fluides, une montée en charge maîtrisée et un support technique renforcé afin de permettre aux nouveaux acquéreurs et aux acteurs du marché de s’inscrire dans une dynamique de transition harmonieuse.

Le CMI concentrera également ses efforts sur la modernisation des parcours de paiement. Cela inclut la mise à disposition de TPE plus intelligents, un déploiement élargi du SoftPOS, des solutions de paiement en ligne simplifiées et une infrastructure orientée vers les usages digitaux futurs, qu’il s’agisse de la carte, du mobile banking ou des wallets. 

 

Parallèlement, l’institution poursuivra le développement de Fatourati à travers de nouveaux parcours embarqués, des solutions davantage adaptées aux besoins des entreprises et un recouvrement plus rapide et automatisé. Cette évolution s’inscrit dans la continuité du rôle structurant que joue la plateforme dans la modernisation des services publics et privés.

 


Enfin, le Centre renforcera sa contribution aux objectifs nationaux, notamment à la stratégie Digital Morocco 2030, à l’inclusion financière et à l’amélioration de la compétitivité économique. L’année 2026 se veut ainsi placée sous le signe de davantage d’innovation, de fluidité et de collaboration, tout en poursuivant la même mission : faire fonctionner les paiements du pays en toute confiance.

 

 

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